Histoire du château et de la famille de Roquelaure en Aveyron
Un éperon volcanique au cœur du Rouergue
Le site de Roquelaure — aujourd'hui un hameau de la commune de Lassouts, canton d'Espalion, perché à 693 mètres d'altitude sur un terrain de basalte et de trachyte — s'appuie sur trois dykes volcaniques prolongés à l'ouest par un champ de laves, « le Clapas ». Avant même l'apparition du nom, ce piton rocheux dominant la vallée du Lot et regardant vers l'Aubrac servait de refuge et de lieu de culte à une population clairsemée. Une chapelle y est édifiée à la fin du Xe siècle, sans doute pour asseoir une présence religieuse sur cette butte stratégique.
Origines : les Roca Lauri du Rouergue (XIIe – XIIIe siècle)
La dynastie des Roca Lauri (Roca Laura) est originaire du Languedoc. Pour des raisons de survie, elle s'exile en deux branches distinctes : l'aînée, par le fait de Pierre (Petri) de Roca Laura, s'implante et perdure en Gascogne ; la cadette, par Jean Ier et Bernard — neveux, semble-t-il, de ce Pierre — gagne, dans la seconde moitié du XIIe siècle, la vicomté d'Albi puis le comté de Rodez-Rouergue. Un même blason, « d'azur, à trois rocs d'échiquier d'argent, posés deux sur un », est porté par les deux lignées, ce qui corrobore cette origine commune.
À cette période, le territoire relève de la puissante baronnie de Calmont d'Olt, dont les possessions contrôlent une large partie de la vallée du Lot. Les barons de Calmont établissent ou renforcent plusieurs places fortes destinées à surveiller les axes commerciaux reliant le Rouergue à l'Auvergne et au Gévaudan. Roquelaure s'inscrit dans ce réseau défensif, aux côtés d'Estaing, Calmont d'Olt ou encore Espalion. Sa vocation première est avant tout militaire : observer, protéger et affirmer l'autorité seigneuriale sur un territoire stratégique.
C'est ainsi que Jean Ier de Roca Laura arrive en Rouergue entre 1150 et 1162. Le baron Begon II de Calmont d'Olt, l'un des puissants seigneurs du Rouergue, lui confie un « capmas » (domaine seigneurial) comprenant l'église ainsi que le commandement d'une tour de surveillance gardant un gué sur le Lot, en amont de Saint-Côme, sur le tracé de l'ancienne voie d'Agrippa, où passaient marchands et pélerins. Les Roca Lauri sont ainsi les premiers à recevoir un tel commandement des Calmont d'Olt ; le lieu, qui portait jusqu'alors le nom d'un hagiotoponyme (le saint patron de la chapelle), devient dans l'usage populaire le « Capmas des Roca Laura », puis, sous sa forme occitanisée, « Rocalaura ». Ils y construisent un castel sur les bases d’une ferme fortifiée. Au début du XIIIe siècle, sous l'autorité de Begon III, fils de Begon II, une véritable forteresse est édifié sur ce fief.
Ainsi, avant même d'être une demeure seigneuriale, Roquelaure est d'abord un site naturel exceptionnel, dont la géologie, la position dominante et la proximité des grandes voies de circulation expliquent l'implantation d'une forteresse appelée à jouer un rôle important dans l'histoire du nord de l'Aveyron pendant près de sept siècles.
Vue sur Saint-Côme et le pont sur le Lot, depuis le dyke de Roquelaure
Généalogie de la branche rouergate des Roca Lauri (fin XIIe – XIVe siècle)
L'ouvrage de J. Le Droff Gelas permet de reconstituer avec précision la lignée qui s'installe et s'éteint sur le site même de Lassouts, avant que le nom ne passe, par acquisition, à la famille Bonafos.
Jean Ier de Roca Laura, fondateur de la lignée rouergate (v. 1150–v. 1170)
C'est Jean Ier de Roca Laura qui fonde l'implantation rouergate, entre 1150 et 1162. Il est mentionné comme témoin, encore laïc, d'un acte du cartulaire de Bonneval vers 1160, avant de se retirer comme moine convers dans cette même abbaye ; en 1166, il apparaît comme « seigneur de Roquelaure en partie » et donne une portion de jardin pour l'agrandissement de la chapelle du lieu. Il meurt vraisemblablement vers 1170. De son mariage naissent trois enfants : Dulcin, Maurin (Ier du nom) et une fille dont le fils, Déodat, reprendra plus tard le fief.
Maurin Ier, Dulcin et le passage aux Bonafos (fin XIIe siècle)
Maurin Ier, fils de Jean Ier, est attesté en 1184 et meurt vers 1200. Son frère Dulcin meurt sans postérité. C'est alors Déodat, leur neveu (fils de leur sœur), qui reprend la direction du fief ; plus âgé, il conserve le nom de son propre père, Gui Bonafos (d'origine juive, qui "emprunta" le patronyme de son épouse contre une dot substantielle) — ce qui explique la présence, dès cette époque, d'un « Déodat Bonafos », qui perçoit des cens en 1203, aux côtés des Roca Lauri qui continuent eux aussi d'occuper les lieux. La première mention du château (« castel ») de Rocalaura, par opposition au simple fief, date précisément de cette année 1203 — le patronyme des Roca Lauri, attesté dès 1128-1170 chez plusieurs individus répartis entre Biterrois, Bigorre, Astarac, Albigeois et Rouergue, est donc bien antérieur au toponyme, et non l'inverse.
Guillaume de Roca Laura, mort en croisade (v. 1185/1190 – v. 1220)
Né vers 1185-1190, Guillaume de Roca Laura est le fils de Maurin Ier. Il vit sur le terroir de Rocalaura, en baronnie de Calmont d'Olt, qu'il partage avec les Bonafos. En 1214, lorsque le comte de Rodez Henri Ier décide de prendre la croix (cinquième croisade), Guillaume choisit de l'accompagner en Palestine. Cette cinquième croisade, marquée par le siège de Damiette, tourne à l'échec : les croisés doivent restituer la ville aux musulmans en 1221. C'est en Terre Sainte que Guillaume est fait chevalier (« miles » en latin), distinction qu'aucune hérédité ne pouvait alors lui conférer, son père n'ayant pas été seigneur de Rocalaura. Il meurt toutefois avant la fin de l'expédition, vers 1220, laissant un jeune fils né avant son départ, Maurin (II du nom). Sa mort n'est révélée en Rouergue qu'à la lecture du codicille du testament du comte de Rodez, rédigé à Saint-Jean-d'Acre en octobre 1221 et parvenu avec plusieurs mois de retard : Henri Ier y qualifie Guillaume de « fidèle » et fait don aux Templiers du cheval qu'il lui avait lui-même offert avant la croisade, en hommage à ce compagnon de lutte. Ce fait d'arme valu un grand prestige à la famille Rocalaura.
Maurin II et Maurin III de Roca Laura (XIIIe siècle)
L'on sait peu de choses de Maurin II, qui semble avoir vécu dans la discrétion. Son fils, Maurin III de Roca Laura, est en revanche mieux documenté : en 1265, il rend hommage au comte de Rodez pour des biens détenus à Coudournac et à Bozouls ; en 1266, il est impliqué dans un différend avec Guillaume d'Estaing et Gilbert de Cruéjouls, réglé grâce à l'arbitrage des seigneurs de Peyre et du Dom (maître) de l'hôpital d'Aubrac. En 1268, il fait don d'un terroir aux Hospitaliers d'Aubrac, sans doute pour financer la dot de sa fille Mielen, mariée à Pierre de Verreiras. De son épouse Ricarde, Maurin III a trois enfants connus : Mielen, Guiralde et Pierre.
Pierre de Roca Laura, dernier de la lignée rouergate (v. 1268–1325)
Entre 1268 et 1270, Maurin III choisit de se retirer, avec son épouse, au sein de la confrérie hospitalière d'Aubrac ; son fils Pierre y entre à son tour. Pierre de Roca Laura devient cellerier de l'Hôpital d'Aubrac, fonction qu'il occupe jusque vers 1320-1325. Il est, selon les termes mêmes de l'ouvrage source, « le dernier de sa race » à avoir vécu sur le terroir du Rouergue auquel ses ancêtres avaient donné leur nom patronymal : Rocalaura.
De « Rocalaura » à « Roquelaure » : le relais des Bonafos (XIIIe–XVIe siècle)
Le nom quitte alors la famille qui l'a porté, mais reste attaché au lieu. Vers 1270-1275, un autre individu, Hughes Bonafos — apparenté aux Roca Lauri de Gascogne mais lui-même de retour en Rouergue — obtient des seigneurs de Calmont d'Olt le commandement du château ; il sert de tuteur à Déodat Bonafos (III du nom), qui reprend ensuite la mainmise sur le fief. En 1301, ce Déodat Bonafos est mentionné au château de Rocalaura, aux côtés de la famille Seignorel, apparentée aux comtes de Rodez, avec qui le commandement de la garnison semble s'être partagé. Lui succèdent Déodat IV puis Géraud Bonafos, qui règnent en maîtres sur la seigneurie durant près d'un demi-siècle.
À la mort de Géraud Bonafos, le fief passe aux seigneurs de Castelnau, pour qui il s'avère sans doute trop excentré. Un accord est trouvé avec un nouveau Bonafos, Pierre, qui rachète officiellement la seigneurie en 1358 et prend, à cette occasion, le nom et les armes « De Roquelaure » (et lui permet d'accéder à la noblesse). C'est cet acte qui fait entrer durablement le nom de Roquelaure (sous sa forme francisée) dans la seigneurie de Lassouts, et à partir duquel la lignée des Bonafos de Roquelaure tient le château jusqu'à l'alliance avec les Bessuéjouls.
La branche gasconne des Roca Lauri, distincte, suit en parallèle sa propre histoire entre Brulhois, Astarac et Fezensac à partir de 1211 (Pierre II de Roca Laura, vassal de Gaston VI de Béarn). C'est en son sein, avec Maurin IV de Roca Laura en 1346, que le patronyme commence lui aussi à évoluer vers la forme « Roquelaure » — par simple évolution linguistique parallèle, sans lien de filiation avec la branche rouergate ni, en l'état des sources disponibles, avec la maison ducale du Gers.
L'alliance Bessuéjouls-Roquelaure et l'apogée seigneuriale (XVIe–XVIIe siècle)
Le tournant dynastique survient par mariage : Isabeau de Roquelaure épouse Bernardin de Bessuéjouls et lui apporte le château en dot. Les sources font remonter cette union soit à la fin du XVe siècle soit, selon d'autres actes, à 1592 — dans tous les cas, c'est de cette alliance que naît la branche des Bessuéjouls-Roquelaure, qui adopte le nom et les armes de Roquelaure et gouverne le domaine jusqu'à la Révolution. Cette union propulse la famille au sommet de la noblesse provinciale rouergate.
En 1655, d'importants travaux de style Renaissance rendent le château plus agréable et confortable : une tour intérieure et une grande tour carrée sont ajoutées, reflétant le faste de l'époque. Cette période voit aussi le rayonnement de la famille dépasser largement l'Aveyron. Jacques de Bessuéjouls, marquis de Roquelaure, maréchal de camp sous Louis XIV et capitaine-lieutenant des armées de la reine, meurt héroïquement à la bataille d'Oudenarde en 1708, laissant le domaine sans maître proche et vulnérable au pillage. À la veille de la Révolution, les marquis de Roquelaure disposent d'un patrimoine considérable : outre leurs terres aveyronnaises, ils possèdent la baronnie d'Apcher, celle de Lanta près de Toulouse, ainsi que des châteaux à Ferals, à Kergroadez en Bretagne, à Saint-Valérien en Yonne, et à Annezin et Aubourdin dans le Nord. Armand de Roquelaure (1721-1818), fils cadet de la famille, devient évêque de Senlis, académicien et confesseur de Louis XV à la cour de Versailles — signe de l'influence acquise par cette branche rouergate au niveau national.
A partir de 1740, les propriétaires successifs abandonnent Roquelaure au profit de demeures plus confortables. Mathieu, le troisième marquis de Bessuéjouls-Roquelaure, préférait le château de son épouse à Lanta. Son fils François-Rose-Barthélémy, préférait les charmes de la cour royale à Versailles.
La Révolution et la ruine (fin XVIIIe – XIXe siècle)
La Révolution française met brutalement fin à cette ascension. Les biens de la famille sont confisqués comme « biens nationaux » par une saisie en 1792 et vendus en 1795, sous la forme de plusieurs lots. Le dernier marquis de la lignée, le colonel François-Rose-Barthélémy Bessuéjouls de Roquelaure, est guillotiné le 25 juillet 1794 (7 thermidor an II).
Le château, morcelé, passe ensuite entre différentes mains. En 1850, le sénateur Casimir Mayran, un notable local domicilié à Lévinhac, rachète les restes du château et de sa chapelle attenante. En 1854 il s'exile en Lozère en emportant l'essentiel du mobilier dans son château de Labaume. Sa fille, Berthe Baduel d'Oustrac, hérite de Roquelaure en 1900. Faute d'entretien, le site se dégrade tout au long du siècle : au début du XXe siècle, une école est même installée dans le donjon, avant d'être transférée dans un nouveau bâtiment construit en 1870 à côté de la chapelle (elle sera fermée en 1975). En 1906, un différend entre voisins — une pierre tombée d'une échauguette ayant endommagé la toiture d'une ferme — entraîne la démolition de la grande tour carrée.
Carte postale de Roquelaure en 1900 où l'on voit encore le donjon carré et la tour Est qui a perdu sa toiture
A partir de 1910, le château subit vandalisme et pillages répétés. En 1938 le grand escalier en pierre de la tour renaissance est découpé et enlevé, engendrant des trous sur la façade. Pendant l'été 1944, ses ruines servent brièvement de refuge à de jeunes recrues du maquis « Jean-Pierre », alors à l'étroit dans leur repaire du Moulinou, près d'Estaing.
Au milieu du XXe siècle, le site n'offre plus qu'un spectacle de ruines. Ses vestiges sont même immortalisés à l'écran : en 1950 dans le film « Nous irons à Paris » de Jean Boyer, puis en 1966 dans la scène finale de « La vie de château » de Jean-Paul Rappeneau, avec Philippe Noiret.
Le château sert de carrière pour les voisins. En 1954 Madame Baduel d'Oustrac offre 12 belles pierres à la paroisse de notre-Dame d'Albiac pour réaliser le nouvel autel. Une échauguette du donjon sera récupérée par le curé Alibert pour en faire la chaire de l'Eglise de Saint-Côme d'Olt.
Photo aérienne des ruines de Roquelaure en 1954
Le sursaut patrimonial et la renaissance moderne (1957–2022)
C'est le curé de Saint-Côme, l'abbé Jean Alibert, qui mobilise le premier les consciences sur l'intérêt de préserver ce patrimoine. L'association « Les Amis de Roquelaure » naît en 1957 et entreprend la restauration de la chapelle romane, avec l'aide des municipalités de Lassouts et de Saint-Côme et de nombreux donateurs locaux ou parisiens, qui sera classée Monument Historique en 1981.
En 1967, un couple de Parisiens, Jean-Pierre et Janine Habert, tombe sous le charme des vestiges et fait l'acquisition du château auprès des familles Baduel d'Oustrac et Lefebvre du Prey (descendants de Mayran). Sous l'égide des Bâtiments de France, ils relèvent la forteresse pendant une trentaine d'années (déblaiement, tri des pierres, restauration puis reconstruction), lui redonnant l'aspect qu'elle devait avoir au XVIe siècle — à l'exception du donjon, jugé trop volumineux, qui n'est pas reconstruit. Plusieurs entreprises se succèdent sur le gros œuvre entre 1968 et 1989 (Tourette-Gaillac, Raffy, Samson, Recoussines). Ce travail leur vaut le 1er Prix « Chef-d'œuvre en péril » en 1972, et un livre édité en 2015 par le club « Patrimoine et Culture » de Lassouts retrace cette « fabuleuse histoire » du déclin à la renaissance. Les Habert, décédés en 2022 sans héritier, n'auront pas eu le temps d'achever complètement la restauration : le château est alors remis en vente.
Aujourd'hui : une nouvelle page (depuis 2024)
Le château, de plan carré et flanqué de trois tours (ainsi que des vestiges du donjon), est bâti de trois types de pierre — basalte, grès rouge et calcaire — qui lui donnent son aspect chamarré caractéristique, sous une toiture de lauzes du pays taillées en écailles. Il conserve de nombreux éléments remarquables : fenêtres à meneaux, meurtrières, mâchicoulis, cheminées.
En 2024, de nouveaux propriétaires, amoureux des vieilles pierres, en font l'acquisition pour en faire une résidence principale et un lieu de rassemblement familial, avec la volonté de poursuivre la rénovation dans l'esprit de leurs prédécesseurs et de transmettre ce patrimoine aux générations futures. L'aménagement intérieur reste largement à faire, seules quelques pièces ayant été partiellement aménagées dans les années 1970 ; surtout, le bâti — toiture, terrasses, ouvrants — n'a pas été entretenu depuis une vingtaine d'années et nécessite des travaux urgents (drainage, chéneaux, entretien de la toiture de 300 m², étanchéité des terrasses, remplacement de cinquante fenêtres, traitement de la charpente contre les xylophages, rejointoiement des murs). Comme du temps des Habert, la chapelle et le point de vue sur la vallée du Lot restent accessibles au public, même si l'intérieur du château demeure une propriété privée.
Un château qui a survécu à son histoire
L'histoire de Roquelaure est finalement celle d'une succession de transformations.
Forteresse féodale au Moyen Âge, résidence aristocratique à l'époque moderne, domaine morcelé après la Révolution, ruine menacée de disparition au XXᵉ siècle, puis monument patiemment relevé à partir de 1967, le château n'a jamais cessé de changer de fonction.
Son intérêt tient précisément à cette superposition des époques. Les pierres du château racontent l'histoire d'une petite seigneurie du Rouergue, mais aussi celle des grandes transformations politiques et sociales qui ont bouleversé la France : construction de l'État féodal, affirmation de la noblesse provinciale, Révolution, disparition de l'ordre seigneurial remplacé par celui des notables, abandon du patrimoine rural puis naissance, au XXᵉ siècle, d'une nouvelle conscience patrimoniale.
Près de mille ans après l'apparition des premières traces documentaires de Roquelaure, l'enjeu n'est donc plus de défendre une place forte. Il est désormais de transmettre un patrimoine exceptionnel, en conservant à la fois ce qui subsiste de l'histoire ancienne et la mémoire de ceux qui, au XXᵉ siècle, ont refusé de laisser disparaître le château.
Repères généalogiques
Avertissement : il existe deux autres familles ou lignées « de Roquelaure » qu'il ne faut pas confondre avec celle qui nous occupe ici. La plus connue nationalement est celle du Gers, dont est issu le maréchal de France Antoine de Roquelaure (1543-1625) et les ducs de Roquelaure établis autour de Lectoure. Il existe aussi une branche gasconne beaucoup plus ancienne, dite « de Bigorre » puis « d'Astarac-Brulhois-Fezensac », issue du même toponyme d'origine « Roca Laura » mais installée dès le XIIIe siècle dans le Pays d'Agenais et le Gers, sans lien territorial avec l'Aveyron (son nom n'évoluera que tardivement, au XIVe siècle, vers la forme « Roquelaure », et un rapprochement éventuel avec la maison ducale du Gers reste, en l'état des sources ici rassemblées, une hypothèse non confirmée). Le présent document ne concerne que la lignée rouergate, enracinée à Lassouts (Aveyron), dont l'histoire, les alliances et le patrimoine sont entièrement distincts des deux précédentes.
Roca Lauri du Rouergue (fief de Calmont d'Olt, v.1150 – XIVe siècle) : Jean Ier de Roca Laura, fondateur (arrivé v.1150-1162, m. v.1170) — ses enfants Dulcin (sans postérité), Maurin Ier (attesté 1184, m. v.1200) et une fille — Déodat Bonafos, fils de cette fille, tuteur du fief (chevalier) — Guillaume de Roca Laura, fils de Maurin Ier, fait chevalier en croisade, mort v.1220 — Maurin II — Maurin III (m.1265/66), épouse Ricarde, enfants Mielen, Guiralde et Pierre — Pierre de Roca Laura, cellerier de l'Hôpital d'Aubrac, dernier de la lignée rouergate (v.1320-1325).
Bonafos, puis Bonafos de Roquelaure (seigneurs de Rocalaura à partir de la fin du XIIIe siècle) : Déodat Bonafos III — Déodat IV — Géraud — (accord avec les seigneurs de Castelnau) — Pierre Bonafos, qui rachète la seigneurie et prend le nom et les armes « De Roquelaure » en 1358 — la lignée se poursuit ensuite jusqu'à l'union avec les Bessuéjouls.
Bessuéjouls-Roquelaure : union d'Isabeau de Roquelaure et de Bernardin de Bessuéjouls, qui donne naissance à la branche portant désormais le nom et les armes de Roquelaure — L. de Bessuéjouls-Roquelaure — J.-F. de Bessuéjouls-Roquelaure — E. de Bessuéjouls-Roquelaure — Mathieu de Bessuéjouls-Roquelaure — François(-Rose-Barthélémy) de Bessuéjouls-Roquelaure, dernier seigneur, guillotiné le 7 thermidor an II (25 juillet 1794).
Puis, hors lignée familiale d'origine : le marquis de Miramont (descendant), Casimir Mayran (acquéreur en 1854), sa fille Mme Baduel d'Oustrac (héritière en 1900), et enfin Jean-Pierre et Janine Habert (acquéreurs en 1967).
Sources : notes généalogiques et historiques rassemblées par les propriétaires, dont l'ouvrage Histoire et Généalogie de la noble famille de Roquelaure (J. Le Droff Gelas, éd. Résurgence — chapitres IV à IX et conclusion, ainsi que les pages consacrées à « Jean Ier de Roca Laura en Rouergue », « Roquelaure en Rouergue et l'implantation des Roca Lauri » et « Guillaume de Roca Laura en Rouergue et Palestine », et la Revue du Rouergue n°104 ; photographies (Dufoort, Habert, Amos).









